Quand nos amies les bêtes bavardent

La langue française est riche et ne manque pas de vocabulaire pour désigner les « bavardages » de nos amies les bêtes.
Dommage que beaucoup des verbes qui suivent soient tombés dans l’oubli…

Ainsi, vous n’êtes pas sans savoir que le chien aboie quand le cheval hennit et que beugle le bœuf et meugle la vache, tandis que l'hirondelle gazouille, que la colombe roucoule et que le pinson ramage.
Vous savez, bien sûr, que les moineaux piaillent, que le faisan et l'oie criaillent quand le dindon glousse.
Vous savez, mais oui, que la grenouille coasse mais que le corbeau croasse et que la pie jacasse.
Et le chat, comme le tigre, miaule, l'éléphant barrit, l'âne braie (les Ch’tis aussi), mais le cerf rait.
Évidemment, Le mouton bêle et l'abeille bourdonne.
Et la  biche ? Elle brame tandis que le loup hurle.
Mais savez-vous que le canard nasille, alors que les canards nasillardent, que le bouc ou la chèvre chevrote, que le hibou hulule mais que la chouette, elle, chuinte, que le paon braille et que l'aigle trompète ?
Et savez-vous que si la tourterelle roucoule, le ramier caracoule et la bécasse croule, que la perdrix cacabe, que la cigogne craquette et que si le corbeau croasse, la corneille corbine et que le lapin glapit quand le lièvre vagit ?
Vous savez tout cela ? Bien !
Mais savez-vous que l'alouette grisolle et que le pivert picasse ?
Vous ne le saviez peut-être pas. C'est excusable !
N’oublions pas le sanglier qui grommelle, ou le chameau qui blatère… Et que c'est à cause du chameau que l'on déblatère !
Vous ne savez pas non plus, peut-être, que la huppe pupule. C'est joli, la huppe pupule.
Mais encore, savez-vous que la souris, la petite souris grise, chicote ? Oui ! Avouez qu'il serait dommage d'ignorer que la souris chicote et plus dommage encore de ne pas savoir que le geai cajole.
Si vous avez lu ce billet jusqu’au bout (et retenu quelque chose de nouveau ou d’oublié), vous avez participé, d’une certaine manière, au maintien de la richesse de notre langue.
Alors, ne serait-ce que pour ça : merci !


Note : je remercie chaleureusement Jean D. (il se reconnaîtra !) qui m'avait fait parvenir, il y a quelque temps, un texte dont je me suis largement inspiré pour écrire ce billet.

J'accuse

Le 13 janvier 1898, alors que l'affaire Dreyfus défraie plus que jamais la chronique et divise profondément le pays, Émile ZOLA adresse au président Félix FAURE une lettre qui sera également publiée dans le journal L'Aurore et qui entrera dans l'Histoire car elle contribuera au dénouement de l'affaire et à l'acquittement de DREYFUS. En voici le texte intégral. Vous pouvez aussi feuilleter la version numérisée du manuscrit original sur le site de la BNF.


13 janvier 1898

Monsieur le Président,

Me permettez-vous, dans ma gratitude pour le bienveillant accueil que vous m’avez fait un jour, d’avoir le souci de votre juste gloire et de vous dire que votre étoile, si heureuse jusqu’ici, est menacée de la plus honteuse, de la plus ineffaçable des taches?

Vous êtes sorti sain et sauf des basses calomnies, vous avez conquis les cœurs. Vous apparaissez rayonnant dans l’apothéose de cette fête patriotique que l’alliance russe a été pour la France, et vous vous préparez à présider au solennel triomphe de notre Exposition universelle, qui couronnera notre grand siècle de travail, de vérité et de liberté. Mais quelle tache de boue sur votre nom – j’allais dire sur votre règne – que cette abominable affaire Dreyfus ! Un conseil de guerre vient, par ordre, d’oser acquitter un Esterhazy, soufflet suprême à toute vérité, à toute justice. Et c’est fini, la France a sur la joue cette souillure, l’histoire écrira que c’est sous votre présidence qu’un tel crime social a pu être commis.

Vœux 2016

2015 s'en est allé. Il était temps.

Voici venu 2016 avec ses incertitudes, ses espoirs et son interminable cortège de vœux dont beaucoup mourront dès les premières heures de la nouvelle année, tandis que d'autres s'épanouiront tout au long de ces 366 jours.
Des amours, des amitiés naîtront, ou au contraire disparaîtront. Des bonheurs infinis succèderont ou précèderont des tristesses et des malheurs sans nom, car la vie est tout sauf un long fleuve tranquille.
Allons mes amis, prenons notre fardeau, ajustons les bretelles, armons-nous de courage et d'optimisme et partons à l'assaut de 2016. Et que nous ne regrettions rien quand viendra l'ultime seconde de cette année. Vivons !

Avec tous mes vœux de bonheur, de bonne santé et de prospérité. Que 2016 soit pour vous tous une belle année.