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Le million

Un million de visites sur ce blog. 1 000 000. 
Bon, s’il faut autant de temps pour atteindre la barre des 2 000 000, on se donne rendez-vous… vers 2035 !
D’ici là,  quelques nouveaux articles seront venus s’ajouter aux 639 déjà en ligne.

Lettre d'adieu d'Henri Fertet

8 mai. Jour de commémoration de la Victoire. Jour de souvenir. Jour d'hommage à tous ceux qui contribuèrent à la libération de notre beau pays et à la fin de cette guerre.
J'ai pensé que ce blog était le bon endroit pour rendre, à ma façon, hommage aux 1038 Compagnons de la Libération, en publiant cette lettre d'adieu d'Henri Fertet, fusillé le 26 septembre 1943 à l'âge de 16 ans.
Il fut fait Compagnon de la Libération à titre posthume en 1945.
Il a écrit cette lettre bouleversante de simplicité et de grandeur quelques instants avant son exécution.


Besançon, prison de la Butte (Doubs)
26 septembre 1943

Chers parents,
Ma lettre va vous causer une grande peine, mais je vous ai vu si pleins de courage que, je n’en doute pas, vous voudrez bien encore le garder, ne serait-ce que par amour pour moi.
Vous ne pouvez savoir ce que moralement j’ai souffert dans ma cellule, [ce] que j’ai souffert de ne plus vous voir, de ne plus sentir sur moi votre tendre sollicitude que de loin, pendant ces quatre-vingt-sept jours de cellule, votre amour m’a manqué plus que vos colis et, souvent, je vous ai demandé de me pardonner le mal que je vous ai fait, tout le mal que je vous ai fait. Vous ne pouvez douter de ce que je vous aime aujourd’hui, car avant, je vous aimais par routine plutôt mais, maintenant, je comprends tout ce que vous avez fait pour moi. Je crois être arrivé à l’amour filial véritable, au vrai amour filial. Peut-être, après la guerre, un camarade parlera-t-il de moi, de cet amour que je lui ai communiqué ; j’espère qu’il ne faillira point à cette mission désormais sacrée.
Remerciez toutes les personnes qui se sont intéressées à moi, et particulièrement mes plus proches parents et amis, dites-leur toute ma confiance en la France éternelle. Embrassez très fort mes grands-parents, mes oncles, mes tantes et cousins, Henriette. Dites à M. le Curé que je pense aussi particulièrement à lui et aux siens. Je remercie Monseigneur1 du grand honneur qu’il m’a fait, honneur dont, je crois, je me suis montré digne. Je salue aussi en tombant mes camarades du lycée. À ce propos, Hennemay me doit un paquet de cigarettes, Jacquin, mon livre sur les hommes préhistoriques. Rendez le “Comte de Monte-Cristo” à Emeurgeon, 3, chemin Français, derrière la gare. Donnez à Maurice Andrey de La Maltournée, 40 grammes de tabac que je lui dois.
Je lègue ma petite bibliothèque à Pierre, mes livres de classe à mon cher Papa, mes collections à ma chère maman, mais qu’elle se méfie de la hache préhistorique et du fourreau d’épée gaulois.
Je meurs pour ma patrie, je veux une France libre et des Français heureux, non pas une France orgueilleuse et première nation du monde, mais une France travailleuse, laborieuse et honnête.
Que les Français soient heureux, voilà l’essentiel. Dans la vie, il faut savoir cueillir le bonheur.
Pour moi, ne vous faites pas de soucis, je garde mon courage et ma belle humeur jusqu’au bout et je chanterai “Sambre et Meuse” parce que c’est toi, ma chère petite maman, qui me l’a appris.
Avec Pierre, soyez sévères et tendres. Vérifiez son travail et forcez-le à travailler. N’admettez pas de négligence. Il doit se montrer digne de moi. Sur les “trois petits nègres”, il en reste un. Il doit réussir.
Les soldats viennent me chercher. Je hâte le pas. Mon écriture est peut-être tremblée, mais c’est parce que j’ai un petit crayon. Je n’ai pas peur de la mort, j’ai la conscience tellement tranquille.
Papa, je t’en supplie, prie, songe que si je meurs, c’est pour mon bien. Quelle mort sera plus honorable pour moi ? Je meurs volontairement pour ma Patrie. Nous nous retrouverons bientôt tous les quatre, bientôt au ciel. Qu’est-ce que cent ans ?
Maman rappelle-toi :
“Et ces vengeurs auront de nouveaux défenseurs Qui, après leur mort, auront des successeurs.”
Adieu, la mort m’appelle, je ne veux ni bandeau, ni être attaché. Je vous embrasse tous. C’est dur quand même de mourir.
Mille baisers. Vive la France.
Un condamné à mort de 16 ans.
H. Fertet.

Excusez les fautes d’orthographe, pas le temps de relire.

Expéditeur : Monsieur Henri Fertet, Au ciel, près de Dieu.

Je veux être pilote

Nous fêtons ce 22 novembre 2024 le 70e anniversaire de l'aviation légère de l'armée de Terre (ALAT). L'occasion de "remonter" cet article...

Compte tenu de mon passé professionnel (ancien pilote d'hélicoptère de combat), j'aime beaucoup ce petit texte.
Qu'il soit réellement l'œuvre d'un enfant de 10 ans, je ne peux toutefois pas le certifier...

Je serai pilote quand je serai grand parce que c'est un métier amusant et facile. C'est pour ça qu'il y a beaucoup de pilotes aujourd'hui.
Les pilotes ne vont pas à l'école longtemps, ils doivent simplement apprendre à lire les chiffres pour pouvoir lire les instruments. Je pense qu'ils doivent aussi savoir lire une carte routière pour ne pas se perdre.
Les pilotes doivent être braves pour ne pas avoir peur s'il y a du brouillard et qu'ils ne peuvent rien voir ou si une aile ou un moteur dégringole, ils doivent rester calmes pour savoir quoi faire.
Les pilotes doivent avoir de bons yeux pour voir à travers les nuages et n'ont pas peur des éclairs et du tonnerre parce qu'ils en sont plus près que nous.
Le salaire des pilotes est aussi une chose que j'aime. Ils ont plus d'argent qu'ils ne peuvent dépenser. C'est pourquoi les gens croient que voler c'est dangereux, sauf les pilotes qui savent que c'est facile.
Il n'y a pas grand chose que je n'aime pas, excepté que les filles et toutes les hôtesses veulent les épouser et qu'ils sont obligés de les chasser pour qu'elles ne les ennuient pas.
J'espère que je serai pas malade en l'air, car je suis malade en voiture, et si je suis malade en avion, je ne serai pas pilote et alors il faudra que j'aille travailler.
Un écolier de 10 ans

À Guislaine


Mon Amour,

Tu es partie. Trop vite. Trop tôt, beaucoup trop tôt. Nous avions encore tant de choses à vivre ensemble.
Ton titanesque combat est terminé. Après cinq années de lutte faite de victoires, de rechutes et de périodes d’espoir, la maladie a finalement gagné l’ultime bataille.

C’était une belle fin d’après-midi d’avril, il y a un peu plus de 8 ans. Nous nous sommes rencontrés pour la première fois. J’ai été fasciné, envoûté dès les premières secondes par tes yeux. C’est d’eux dont je suis tombé amoureux en premier. Et, ces dernières semaines, ces derniers jours, alors que ton corps et ton cerveau partaient à la dérive, il y a toujours eu, dans tes magnifiques yeux, cette petite lueur qui faisait battre mon cœur un peu plus vite.
Je m’étais noyé dans ces yeux à notre première rencontre. Je m’y suis perdu alors que tu rendais ton dernier souffle. Je n’oublierai jamais cet ultime regard, dans lequel tu avais concentré tes dernières forces. J’y ai vu, pour la dernière fois de ma vie, tout ton amour, ta détresse, mais aussi du soulagement je crois.
Ils se sont refermés pour toujours et ils me manquent terriblement.

Ces yeux, c’étaient ceux d’une femme exceptionnelle dont le caractère, la joie de vivre mais aussi la fragilité m’avaient rapidement séduit. Ce mélange étonnant, parfois déroutant je dois le reconnaître, était le fruit d’une vie qui ne t’avait pas épargnée et avait placé sur ton chemin des obstacles que tu avais toujours su franchir, souvent seule, avec tes deux filles que tu aimais plus que tout, et pour lesquelles tu étais toujours prête à sacrifier ton propre bonheur, ta propre existence.
Mais l’amour de ta vie, le véritable amour pour un être avec lequel tu serais prête à finir tes jours, celui-là tu ne l’avais pas trouvé, allant de déceptions en cruelles désillusions.
Et puis nos routes se sont croisées. J’ai vécu auprès de toi, mon Amour, les huit plus belles années de ma vie. Alors, non, ce ne fut pas un long fleuve tranquille, et nous avions suffisamment d’expérience l’un comme l’autre pour savoir que ça ne le serait pas. Notre barque a parfois tangué dangereusement. Mais c’était dans ces moments que nous réalisions la force de l’amour qui nous unissait car, ensemble, main dans la main, nous sortions de ces gros temps, encore plus forts, encore plus aimants.

Ton départ n’a pas été brutal, nous avons eu quelques semaines pour nous y préparer, l’un comme l’autre. J’ai été tristement émerveillé par la force mentale dont tu as fait preuve alors. Toi qui avais si peur de mourir, de ne pas voir ta fille, Laurine, devenir une jeune femme dont tu serais fière, de ne pas voir grandir ta petite-fille, Kelya, toi qui craignais par-dessus tout de perdre trop tôt le bonheur si longtemps cherché, tu as accepté l’inacceptable, l’injuste. Et tu ne sauras jamais à quel point cela m’a aidé à supporter l’inéluctable, alors que tu t’enfonçais tous les jours un peu plus.

La blessure qui m’a ouvert le cœur il y a quelques semaines et qui n’a cessé de s’agrandir jusqu’à ce triste après-midi d’août est là, béante et douloureuse. Je sais, oui je sais que le temps fera son œuvre, pour peu que je l’accepte, et fera de cette blessure une cicatrice qui balafrera mon cœur jusqu’à son dernier battement. Et, parfois, cette cicatrice me fera mal, au hasard d’une image, d’une odeur, d’un son qui me rappelleront cruellement que tu n’es plus à mes côtés, et que seule ma foi en un monde meilleur au-delà de cette vie m’aidera à supporter.
Car je te le promets, mon Amour, nous nous reverrons bientôt. Pour toi, à l’échelle de l’éternité, ce sera dans quelques instants. Pour moi, eh bien, je vais d’abord terminer ce que j’ai à faire, à commencer par tenir la promesse que tu m’as demandé de te renouveler alors que tu avais encore la force de parler : prendre soin de ta fille.
Quant à toi, Dieu t’a confié une mission : veiller sur nous.
Je compte sur toi.

Au revoir mon Amour.
Je t’aime.

Didier, le 23 août 2019

Anti-perles du bac

L'école est finie, les examens aussi. Comme tous les ans à la même époque, nous avons eu droit aux florilèges de perles, dont le niveau semble battre encore une fois tous les records d'ânerie et d'inculture. Je ne suis pas le dernier à m'en délecter (voir ici et ici), certes.

Pourtant, une personne a osé prendre le contre-pied de cette tendance et a même créé une page internet collaborative pour permettre aux profs, correcteurs et examinateurs d'y recenser les "anti-perles" qu'ils ont pu relever lors des examens de cette année.
Cette personne s'appelle Françoise COHEN, prof de lettres.
Et je lui tire mon chapeau car je trouve cette idée tout simplement géniale.
Et vous savez quoi ? C'est un pur régal de lire ce que certains de nos ados ont pondu, à l'écrit comme à l'oral.
On se dit que tout n'est pas perdu, même si, ne nous leurrons pas, ces élèves-là ne sont pas majoritaires, loin s'en faut.

Alors oubliez un instant les chapelets traditionnels de perles, ouvrez le site des anti-perles, et régalez-vous.
Et n'oubliez pas d'aller faire un petit tour sur le blog de madame Françoise COHEN. Vous y lirez des choses fort intéressantes...

Le mot de l'année 2017

Allez ! À vos claviers ! Le vote pour le mot de l'année 2017 est lancé et vous avez jusqu'au 17 mai pour participer en ligne à cette élection un peu particulière.
L'an dernier, près de 100 000 personnes avaient voté.

Vous aurez le choix entre 11 mots, dont un a été choisi par des collégiens (MATRAQUE. Ce n'est pas une blague).
Pour voter, c'est très simple : rendez-vous sur CETTE PAGE, faites votre choix, validez... Et voilà !

Alors, BREXIT, POST-VÉRITÉ, HÉSITATION ?  Personnellement, j'ai un petit faible pour RENOUVEAU...

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Mise à jour du 23 mai 2017 :
Le public a élu RENOUVEAU mot de l'année. J'ai eu le nez creux.
Quant au jury, il a opté pour RENOUVELLEMENT.
Cliquez ici pour en savoir plus.

Le français, langue du futur

Qui a dit que le français était en déclin dans le monde ?
S'il est mis à mal dans notre propre pays par les Français eux-mêmes et plus particulièrement par les jeunes générations (et ce n'est pas seulement la faute des sms et autres réseaux sociaux, n'est-ce pas : l'Éducation nationale ne fait pas vraiment tout ce qu'il faudrait pour redonner à nos jeunes le goût de l'orthographe et de la lecture), le français est aujourd'hui la cinquième langue la plus parlée dans le monde derrière le mandarin, l'anglais, l'espagnol et l'arabe, soit environ 275 millions de francophones.
Et connaissez-vous la meilleure ? Ça ne devrait qu'augmenter dans les années à venir ! On estime qu'en 2050 (ce qui n'est pas si éloigné que cela) le français sera la langue la plus parlée sur notre planète. Voilà une bonne, que dis-je, une excellente nouvelle !
Il est donc plus que jamais urgent de remettre son apprentissage au centre des préoccupations de notre école...

Cahier de Français sur Facebook

Cahier de Français a sa page Facebook depuis quelques mois. J'y remets "à l'honneur" des articles de ce blog, mais y ajoute aussi régulièrement de nombreuses images de citations, proverbes détournés, jeux de mots, etc. réalisées par mes soins... à partager sans modération !
En voici le lien :

J'accuse

Le 13 janvier 1898, alors que l'affaire Dreyfus défraie plus que jamais la chronique et divise profondément le pays, Émile ZOLA adresse au président Félix FAURE une lettre qui sera également publiée dans le journal L'Aurore et qui entrera dans l'Histoire car elle contribuera au dénouement de l'affaire et à l'acquittement de DREYFUS. En voici le texte intégral. Vous pouvez aussi feuilleter la version numérisée du manuscrit original sur le site de la BNF.


13 janvier 1898

Monsieur le Président,

Me permettez-vous, dans ma gratitude pour le bienveillant accueil que vous m’avez fait un jour, d’avoir le souci de votre juste gloire et de vous dire que votre étoile, si heureuse jusqu’ici, est menacée de la plus honteuse, de la plus ineffaçable des taches?

Vous êtes sorti sain et sauf des basses calomnies, vous avez conquis les cœurs. Vous apparaissez rayonnant dans l’apothéose de cette fête patriotique que l’alliance russe a été pour la France, et vous vous préparez à présider au solennel triomphe de notre Exposition universelle, qui couronnera notre grand siècle de travail, de vérité et de liberté. Mais quelle tache de boue sur votre nom – j’allais dire sur votre règne – que cette abominable affaire Dreyfus ! Un conseil de guerre vient, par ordre, d’oser acquitter un Esterhazy, soufflet suprême à toute vérité, à toute justice. Et c’est fini, la France a sur la joue cette souillure, l’histoire écrira que c’est sous votre présidence qu’un tel crime social a pu être commis.

Le mot de l'année 2015


Dans le cadre de la 11e édition du Festival du mot qui débute dans deux semaines (du 27 au 31 mai, à La Charité-sur-Loire) et tout comme l'an dernier, un mot sera choisi dans une liste de 12 et deviendra "le mot de l'année" 2015.
Vous pouvez retrouver cette liste sur le site officiel de la manifestation et vous en profiterez d'ailleurs pour voter. Mais oui, vous aussi !
Vous avez jusqu'au 19 mai pour faire votre choix : ne traînez pas trop !
Alors, zadiste ? Frondeur ? Laïcité ?
Pour mémoire, c'est selfie qui l'avait emporté en 2014...

Pour le vote, c'est par ici.

Hommage aux femmes de militaires

Parce qu'elles le méritent bien...


Le Bon Dieu était en train de créer un modèle de femme de militaire et en était à son sixième jour de travail supplémentaire, quand un ange apparut.
Il dit :
― Seigneur, il semble que vous avez là beaucoup de soucis. Qu'est-ce qui ne va pas avec ce modèle ?
― Avez-vous vu les instructions concernant cette commande ? répondit le Seigneur. Cette femme doit être totalement indépendante, posséder les qualités à la fois du père et de la mère, être une parfaite hôtesse pour quatre invités comme pour quarante, et ce avec une heure de préavis, parer à toute urgence sans manuel, être capable de poursuivre ses activités allègrement même si elle est enceinte et grippée, vouloir bien déménager dans un nouvel endroit dix fois en dix-sept ans, et surtout avoir quatre bras.
L'ange secoua la tête.
― Quatre bras ! Impossible !
Le Seigneur poursuivit :
― Ne vous en faites pas, nous ferons d'autres femmes de militaires pour l'aider. Et nous la doterons d'un cœur énorme pour qu'il puisse se gonfler de fierté au récit des exploits de son mari, supporter la douleur des séparations, continuer à se battre régulièrement quand elle est débordée ou fatiguée, et assez grand pour dire "je comprends », même si elle ne comprend pas et dire "je t'aime" sans réserve.
― Seigneur, dit l'ange en lui touchant le bras doucement, allez vous coucher et prenez un peu de repos, vous pourrez terminer demain.
― Je ne peux pas m'arrêter maintenant, dit le Seigneur. Je suis si près de réussir à créer quelque chose d'unique. Déjà ce type de femme se guérit toute seule quand elle est malade, peut héberger six invités imprévus pour le week-end, dire au revoir à son mari sur un quai, sur une piste ou dans une gare, et comprendre pourquoi il est important qu'il parte.
L'ange fit le tour du modèle, du modèle de femme de militaire, l'examina de près et soupira :
― Elle a l'air bien, mais elle semble fragile.
― Elle a l'air peut-être fragile, répliqua le Seigneur, mais elle possède la force du lion ! Vous n'imaginez pas tout ce qu'elle est capable d'endurer.
Finalement l'ange se pencha et fit glisser son doigt sur la joue de la création de Dieu.
― Il y a une fuite, annonça-t-il, et je ne suis pas surpris qu'il y ait une fissure, vous essayez d'en mettre tant dans ce modèle !
Le Seigneur parut offensé par le manque de confiance de l'ange :
― Ce que vous voyez là n'est pas une fuite, mais une larme.
― Une larme ! Pourquoi donc ? demanda l'ange.
Le Seigneur répondit :
― C'est pour la joie, la tristesse, la douleur, la déception, la solitude, la fierté, et c'est une dédicace à toutes les valeurs auxquelles son mari et elle-même sont attachés.
― Vous êtes un génie ! s'exclama l'ange.
Le Seigneur parut embarrassé :
― Ce n'est pas moi qui l'ait mise là, dit-il...

Avis de recherche

(Article déjà publié le 31 mars 2014)

J'ai répertorié sur ce blog, sous forme d'une liste non exhaustive (que vous pouvez visualiser ici), les anniversaires d'hommes et de femmes de lettres francophones.
Cette liste s'enrichit au fil des jours.
Toutefois, il m'arrive de ne pas trouver les renseignements voulus pour certaines personnes. C'est pourquoi je fais appel à vous, fidèles lecteurs, pour m'aider à combler ces quelques lacunes. Vous trouverez donc, ci-dessous, une petite liste de personnes dont je ne connais pas les dates de naissance et/ou de décès.
Si vous pouvez m'aider, merci de laisser un commentaire ou de m'envoyer votre contribution par email (didierbibard[@]me.com).
Si, en outre, vous notez l'absence, dans la liste générale, de personnes qui devraient y figurer, je suis preneur !

Liste des anniversaires inconnus mise à jour le 20 octobre 2014 :

Nelly Alard
Christian Authier (1969) ajouté le 20 octobre 2014
Sigrid Baffert (1972) ajouté le 20 octobre 2014
Sophie Bassignac (1960)
Delphine Bertholon (1976) ajouté le 20 octobre 2014
Julien Blanc-Gras (1976)
Alain Borer (1949) ajouté le 20 octobre 2014
Bernard Chambaz
Françoise Cloarec
Caroline De Mulder (1976) ajouté le 20 octobre 2014
Jean-Michel Delacomptée
Grégoire Delacourt (1960)
Joël Egloff (1970) ajouté le 20 octobre 2014
François d'Épenoux (1963) ajouté le 20 octobre 2014
Jean-Marcel Erres (1971) ajouté le 20 octobre 2014
Frederika Amalia Finkelstein ajouté le 20 octobre 2014
Alix Girot de l'Ain
Valentine Goby
Anne Godard (1971) ajouté le 20 octobre 2014
Yannick Grannec
Faïza Guène
Claire Guézengar, ? 1972 - 15 février 2014
Lyane Guillaume ajouté le 20 octobre 2014
Daniel Lacotte
Grégoire Lacroix
Lola Lafon
Gilles Lapouge (1923) ajouté le 7 avril 2014
Yahn Le Fur (1965) ajouté le 7 avril 2014
Béatrice Leca (1970) ajouté le 20 octobre 2014
Pierre-Yves Leprince (1940) ajouté le 20 octobre 2014
Véronik Leray
Édouard Louis
Franck Maubert (1955) ajouté le 20 octobre 2014
Mathias Menegoz (1968) ajouté le 20 octobre 2014
Claude Merle (1938) ajouté le 20 octobre 2014
Vincent Message (1983) ajouté le 20 octobre 2014
Isabelle Monnin
Valérie Mréjen (1969) ajouté le 20 octobre 2014
Thomas Paris (1970) ajouté le 20 octobre 2014
Jean-Claude Perrier (1957) ajouté le 20 octobre 2014
Anne Plantagenet
Pierre Rabhi (1938)
Yves Ravey
Lydie Salvayre (1948) ajouté le 20 octobre 2014
Jocelyne Saucier
Ludovic Séant (1978) ajouté le 20 octobre 2014
Miriam Silesu, ? 1975 - ? 1999 ajouté le 20 octobre 2014
Benoît Séverac (1966) ajouté le 7 avril 2014
Laurence Tardieu (1976)
Myriam Thibault (1993) ajouté le 20 octobre 2014
Chantal Thomas (1945)
Antonin Varenne (1973) ajouté le 20 octobre 2014
Frédéric Verger
Paul Vincensini
Arnaud Viviant (1964)

C'est la rentrée !

Et voilà. Toute chose a une fin, y compris les vacances.

J'espère que vous en avez tous bien profité. Je souhaite donc une bonne rentrée aux professeurs d'abord (c'est aujourd'hui !), aux élèves ensuite (à partir de demain)... Haut les cœurs !

Ce blog était plus ou moins parti en vacances, lui aussi. Une pause bienvenue, à tous points de vue...
On a coutume d'attendre le début d'une nouvelle année pour prendre de grandes résolutions. La "rentrée" est aussi un moment propice. Peut-être parce que les congés, l'été, le changement de vie et d'activités souvent lié à cette période font qu'on prend un peu de recul avec les choses.

J'ai donc décidé, le 28 août très précisément, de disparaître (momentanément ?) des réseaux sociaux, dont Facebook où je sévis depuis près de dix ans. L'oiseau bleu se passera lui aussi de moi. Et mon petit doigt me dit que le monde numérique continuera de tourner sans aucun souci !

Drôle d'initiative, n'est-ce pas ? C'est en tout cas ce que je me suis dit lorsque j'ai commencé à ressentir cette envie de prise de recul vis-à-vis de ma vie "sociale" sur internet. Et pourquoi pas ? Je raconterai à celles et ceux d'entre vous que j'aurai le plaisir de rencontrer dans la VRAIE vie ce que ça fait d'être sevré de Facebook et Twitter !

Ce blog va s'arrêter, lui aussi. Ceci en est d'ailleurs le dernier billet. Je vais toutefois le laisser en ligne : les 517 articles publiés depuis février 2013 resteront donc disponibles à la lecture. Et puis, sait-on jamais, il me prendra peut-être l'envie, un jour, de le relancer. Un peu comme un ancien fumeur qui s'en grille une après six mois d'abstinence...

J'ai pris beaucoup (trop ?) de plaisir à remplir ce "Cahier de français" pendant un an et demi. C'était mon petit exercice d'écriture quotidien. Je vais continuer d'écrire, certes, mais autrement. Et pour moi. Quel égoïste je fais !

Merci pour votre fidélité et vos encouragements.

Et bonne rentrée à tous !

Le blog part en vacances !

Chers lecteurs,
Parce que tout le monde a besoin de respirer, vous comme moi, le blog va prendre quelques semaines de vacances.
À compter de ce jour, et jusqu'au 31 août, je ne posterai que deux billets par semaine, le lundi et le jeudi. Il s'agira essentiellement de citations et de poèmes.
Il pourra toutefois y avoir quelques exceptions à ces règles...
Sur ce, je vous souhaite de passer un bel été !



French words à gogo

Une fois n'est pas coutume, voici un petit billet sur l'invasion des mots français dans la langue anglaise, et non l'inverse.
Saviez-vous que près de 30 % des mots anglais sont empruntés au français ? Et ce n'est pas tout : beaucoup de mots (ou expressions) français n'ont pas leur équivalent dans la langue de Shakespeare. Comme "à gogo", par exemple. Mais aussi "concierge", ou encore "tête-à-tête"... Surprenant, n'est-il pas ?
Une page Wikipédia recense tous ces mots, qui sont autant de preuves, s'il fallait encore en produire, que la langue française reste, de loin, la plus riche de toutes.
De là à croire mordicus que le français supplantera l'anglais d'ici 2050... Wait and see !

L'alphabet vu par Victor Hugo


On est samedi, certes mais aujourd'hui je vous propose, plutôt qu'un poème, cet extrait de Alpes et Pyrénées, de Victor Hugo. Il fait écho au poème de la semaine dernière. Une autre approche de notre alphabet, en quelque sorte !



En sortant du lac de Genève, le Rhône rencontre la longue muraille du Jura qui le rejette en Savoie jusqu’au lac du Bourget. Là, il trouve une issue et se précipite en France. En deux bonds il est à Lyon.
"Au loin sur les croupes âpres et vertes du Jura les lits jaunes des torrents desséchés dessinaient de toutes parts des Y.
"Avez-vous remarqué combien l’Y est une lettre pittoresque qui a des significations sans nombre ? – L’arbre est un Y ; l’embranchement de deux routes est un Y ; le confluent de deux rivières est un Y ; une tête d’âne ou de bœuf est un Y ; un verre sur son pied est un Y ; un lys sur sa tige est un Y ; un suppliant qui lève les bras au ciel est un Y.
"Au reste cette observation peut s’étendre à tout ce qui constitue élémentairement l’écriture humaine. Tout ce qui est dans la langue démotique y a été versé par la langue hiératique. L’hiéroglyphe est la racine nécessaire du caractère. Toutes les lettres ont d’abord été des signes et tous les signes ont d’abord été des images.
"La société humaine, le monde, l’homme tout entier est dans l’alphabet. La maçonnerie, l’astronomie, la philosophie, toutes les sciences ont là leur point de départ, imperceptible, mais réel ; et cela doit être. L’alphabet est une source.
"A, c’est le toit, le pignon avec sa traverse, l’arche, arx ; ou c’est l’accolade de deux amis qui s’embrassent et qui se serrent la main ; D, c’est le dos ; B, c’est le D sur le D, le dos sur le dos, la brosse ; C, c’est le croissant, c’est la lune ; E, c’est le soubassement, le pied-droit, la console et l’architrave, toute l’architecture à plafond dans une seule lettre ; F, c’est la potence, la fourche, furca ; G, c’est le cor ; H, c’est la façade de l’édifice avec ses deux tours ; I, c’est la machine de guerre lançant le projectile ; J, c’est le soc et c’est la corne d’abondance ; K, c’est l’angle de réflexion égal à l’angle d’incidence, une des clefs de la géométrie ; L, c’est la jambe et le pied ; M, c’est la montagne, ou c’est le camp, les tentes accouplées ; N, c’est la porte fermée avec sa barre diagonale ; O, c’est le soleil ; P, c’est le portefaix debout avec sa charge sur le dos ; Q, c’est la croupe avec sa queue ; R, c’est le repos, le portefaix appuyé sur son bâton ; S, c’est le serpent ; T, c’est le marteau ; U, c’est l’urne ; V, c’est le vase (de là vient qu’on les confond souvent)  ; je viens de dire ce qu’est l’Y ; X, ce sont les épées croisées, c’est le combat ; qui sera vainqueur ? on l’ignore ; aussi les hermétiques ont-ils pris X pour le signe du destin, les algébristes pour le signe de l’inconnu ; Z, c’est l’éclair, c’est Dieu.
"Ainsi, d’abord la maison de l’homme et son architecture, puis le corps de l’homme, et sa structure et ses difformités ; puis la justice, la musique, l’église ; la guerre, la moisson, la géométrie ; la montagne, la vie nomade, la vie cloîtrée ; l’astronomie ; le travail et le repos ; le cheval et le serpent ; le marteau et l’urne, qu’on renverse et qu’on accouple et dont on fait la cloche ; les arbres, les fleuves, les chemins ; enfin le destin et Dieu, - voilà ce que contient l’alphabet.

Bob, Julie et les autres

Non, je ne vais pas vous parler aujourd'hui des amours de Julie Lescaut avec Bob l'éponge (j'ai refilé, à bon prix, le tuyau à Closer).
Je voudrais juste aborder, en quelques lignes, la question des dictionnaires de français. Car il y a dictionnaire et dictionnaire. Vous pouvez d'ailleurs en retrouver une liste assez complète ici.
J'ai longtemps cru, naïvement (et il y a fort, fort longtemps), que tous les dictionnaires étaient identiques dans leur contenu : définitions semblables, mêmes mots, ... Évidemment ce n'est pas le cas. À tel point que certains mots, référencés dans tel dico, ne le sont pas dans tel autre. Je ne parle même pas des polémiques et autres guerres de clochers que cela peut  déclencher.
D'où la question existentielle suivante : quel est le meilleur dictionnaire de français ? Larousse ? Robert ? Hachette ? Celui de l'Académie française ? Autre ?
Question subsidiaire : les dictionnaires en ligne (dont beaucoup sont totalement gratuits) sont-ils aussi "fiables" que les versions papier (onéreuses) ?
Personnellement, je possède le Robert 2014, venu remplacer avantageusement un Larousse hors d'âge. Mais j'utilise aussi abondamment les dictionnaires en ligne. Si, pour les mots courants, un site comme celui de Larousse est largement suffisant, en revanche dès qu'il s'agit de creuser un peu, il faut varier et croiser ses sources. Je ne vous ferai pas de liste à la Prévert ici et vous renvoie au lien figurant au début de cet article. Vous y découvrirez quelques pépites.
Je n'oublie pas (parce que je l'utilise régulièrement) Wikipédia. Aussi controversé soit-il, il n'en reste pas moins une source de connaissances appréciable et surtout gratuite... Qui nécessite toutefois de vérifier ce que l'on y puise...
Tout ça pour dire qu'il ne faut pas hésiter à fureter et à varier ses sources. Quant à savoir ce qui est le mieux entre le bon vieux dico papier et une version numérisée, tout est question d'usage. Si j'apprécie la souplesse des versions électroniques, je prends toujours un réel plaisir à feuilleter mon dico papier, au hasard des pages et des trésors qu'elles contiennent (il me faut juste chausser des lunettes de lecture, car je ne peux pas changer en un clic la taille des caractères !).

La nouvelle orthographe

La nouvelle orthographe.
Ça ne m'enchante pas tant que ça de vous en parler mais, bon, il faut vivre avec son temps et accepter en particulier les évolutions d'une langue dite vivante, même si cela vient bousculer nos certitudes orthographiques.
Et l'exercice est périlleux, car la frontière entre dénaturation et évolution naturelle du français est parfois très mince.

Certaines évolutions me semblent intéressantes, pour ne pas dire salvatrices.

Ainsi, les numéraux composés sont systématiquement reliés par des traits d'union (ex. : vingt-et-un-mille-six-cent-deux, quatre-centième, un-million-cent).
Du coup on va pouvoir distinguer quarante-et-un tiers (41/3) de quarante et un tiers (40 + 1/3), mille-cent-vingt septièmes (1120/7) de mille-cent vingt-septièmes (1100/27), de mille cent-vingt-septièmes (1000/127), ou encore de mille-cent-vingt-septième (1127e). 

Autre nouvelle règle que je trouve personnellement bien vue (et bienvenue) : les noms et les adjectifs empruntés à d’autres langues, dont le latin, suivent la règle générale du singulier et du pluriel des mots français (exemples : des médias, des raviolis, des sandwichs). Exceptions : les noms ayant conservé leur valeur de citation (exemple : des requiem).
Autre exemple : un scénario, des scénarios (des scenarii est toujours accepté, mais ça fait un peu vieillot, non ? En outre, il faudra penser à retirer le "é", et il est préconisé de l'écrire en italique).

Par contre, je regrette un peu la disparition de mon bien-aimé accent circonflexe dans certains cas :
L'accent circonflexe disparait sur les lettres i et u (ex. : nous entrainons, il parait, flute, traitre). Et la liste est longue (voir ici).
Du coup, il y a des exceptions !
L’accent circonflexe est maintenu, pour sa fonction analogique ou distinctive, uniquement dans les cas suivants :
- dans les terminaisons verbales du passé simple (ex. : nous vîmes, vous lûtes) et du subjonctif (ex. : qu'il partît, qu'il eût voulu) ;
- dans jeûne(s), dans les masculins singuliers dû, mûr et sûr, et dans les formes de croitre qui, sinon, seraient homographes de celles de croire (ex. : croîs, croît, crûs, crût, crû).
Simplification, disiez-vous ?

Bon, globalement, toutes les règles de cette nouvelle orthographe vont dans le bon sens, soyons honnêtes.
Il reste donc, surtout à nous, les plus "anciens", à les apprendre, les adopter et les appliquer. Ce qui n'est pas si simple : lorsque je corrige des documents dans le cadre de mon activité d'écrivain public, je rajoute machinalement le ^ à "disparait", mets un trait d'union entre "week" et "end", etc... Je dois donc me faire violence !

Pour être complet sur ce sujet, je vous recommande chaudement de lire en long, en large et en travers le site officiel de la nouvelle orthographe :
http://www.nouvelleorthographe.info/

Vous allez y apprendre plein de choses, je crois...


Et le petit du corbeau s'appelle...

... Le corbillat (on trouve aussi corbillot).

Si beaucoup de noms de petits d'animaux nous sont familiers, d'autres le sont un peu moins.
Allez, c'est parti pour une petite liste (non exhaustive) des moins connus :

- Chameau : chamellon
- Héron : héronneau
- Jars (oie) : oison, oisonet
- Lévrier : levron
- Lièvre : levraut
- Maquereau : lisette
- Moineau : moinet
- Paon : paonneau (se prononce comme panneau)

Vous noterez qu'entre le lévrier et le lièvre, ça se joue "à pas grand-chose"...

Voilà. Tous les autres, vous les connaissez probablement. Je vous fais donc grâce de la liste complète.
Bon dimanche !