OK !

Ce petit mot de rien du tout, que le Larousse écrit d'ailleurs "O.K.", est tellement utilisé dans la vie quotidienne, que l'idée m'est venue de rechercher son étymologie.
J'ai abandonné au bout de quelques minutes, tant il y a d'avis plus ou moins sérieux sur son origine.
Le terme aurait vraiment débarqué en Europe en même temps que les troupes américaines sur les plages normandes. D'ailleurs, une des origines avancées pour ce terme serait que le "O" était, en fait, un "0" (zéro), le "K" étant l'abréviation de "killed". "0 K." signifiait donc "aucun mort". Why not...
Quoi qu'il en soit, le terme est aujourd'hui très largement utilisé à l'oral, à la place de notre bon vieux "d'accord". Il a en outre gagné quelques lettres de noblesse (façon de parler) dans le film Les visiteurs.
D'accord.
Au fait, on écrit "OK" ou "O.K." ? Les puristes mettront les points. Mais, comme dans beaucoup d'abréviations, ces points sont en voie avancée de disparition...

Pourquoi grand-mère et pas grande-mère ?

Alors, pourquoi écrit-on grand-mère, et non grande-mère (ou grande mère) ?

Pour répondre à cette question pas si idiote que ça, il faut faire un peu d'étymologie.
L’adjectif français grand vient du latin grandis, dont la forme était identique au masculin comme au féminin. C'est la raison pour laquelle le français ne faisait pas non plus de différence, grand (ou gran, ou grant) étant alors invariable en genre.
Le féminin, grande, ne s'est généralisé qu'au XVIe siècle. Toutefois, de nombreuses expressions figées ou lexicalisées ont subsisté, en général parce qu'elles revêtaient un sens particulier, parfois très éloigné du sens propre des deux mots (exemple : une grand-mère n'a rien à voir avec une mère grande en taille !).
Est-il utile de préciser que le trait d'union est obligatoire ?

D'autres mots suivent la même "règle" que grand-mère. Il y en a une quinzaine, environ... Je vous laisse le plaisir d'en dresser la liste.

Poème (drôle) d’Alphonse Allais


En ce jour de saint Valentin, et histoire de sortir un peu des sentiers battus, voici un poème d’Alphonse ALLAIS qui savait jouer avec la langue française, pour notre plus grand bonheur…


Complainte amoureuse

Oui, dès l'instant que je vous vis,
Beauté féroce, vous me plûtes;
De l'amour qu'en vos yeux je pris,
Sur-le-champ vous vous aperçütes.

Mais de quel air froid vous reçûtes
Tous les soins que pour vous je pris !
Combien de soupirs je rendis !
De quelle cruauté vous fûtes !
Et quel profond dédain vous eûtes
Pour les vœux que je vous offris!

En vain je priai, je gémis,
Dans votre dureté vous sûtes
Mépriser tout ce que je fis.
Même un jour je vous écrivis
Un billet tendre que vous lûtes,
Et je ne sais comment vous pûtes
De sang-froid voir ce que je mis.

Ah! fallait-il que vous me plussiez,
Qu'ingénument je vous le disse,
Qu'avec orgueil vous vous tussiez !

Fallait-il que je vous aimasse,
Que vous me désespérassiez,
Et qu'en vain je m'opiniâtrasse,
Et que je vous idolâtrasse
Pour que vous massassinassiez !

Alphonse Allais (1854-1905)