Applaudir des deux mains

Applaudir des deux mains.
Non mais, sans blague, avez-vous déjà essayé d'applaudir d'une seule main ? Ou des pieds ?
Elle est un peu idiote, cette expression. Et pourtant...
Pourtant elle a le vent en poupe. Et je ne suis pas le dernier à l'utiliser (pas plus tard qu'hier d'ailleurs, et je n'en suis pas fier).
Question : est-ce bon pour notre langue d'élever au rang d'expression commune un tel pléonasme ?

Comme ça, à chaud, je serais tenté de répondre non. Applaudir des deux mains pourrait être remplacé fort avantageusement par applaudir énergiquement, ou applaudir avec ferveur, ou... ou... Bref, la palette des nuances, en français, est tellement étendue que chacun y trouvera a priori son compte. Mais, par un phénomène d'appauvrissement que l'on n'ose combattre, par facilité, par fainéantise intellectuelle, ou parce qu'on s'en fout, tout simplement, les expressions pléonastiques envahissent notre langue. Dommage, donc.

En prenant un peu de recul, je me dis toutefois que ce ne serait pas une première dans l'évolution du français, et que certaines expressions de ce genre datent de quelques décennies, voire plus. Un exemple ? Aujourd'hui. (voir par ailleurs ce billet).  Quel beau pléonasme, dites-moi !

Le pléonasme a souvent pour fonction de renforcer une idée, une action. C'est le cas pour applaudir des deux mains. Mais ça n'en reste pas moins une solution de facilité et un tic linguistique pas forcément heureux.
J'applaudirai donc énergiquement, des mains ou des pieds, toute initiative limitant les expressions pléonastiques !

Citation de Serge Gainsbourg


La beauté est la seule vengeance des femmes. 
Serge GAINSBOURG (2 avril 1928 - 2 mars 1991) 

Quand nos amies les bêtes bavardent

La langue française est riche et ne manque pas de vocabulaire pour désigner les « bavardages » de nos amies les bêtes.
Dommage que beaucoup des verbes qui suivent soient tombés dans l’oubli…

Ainsi, vous n’êtes pas sans savoir que le chien aboie quand le cheval hennit et que beugle le bœuf et meugle la vache, tandis que l'hirondelle gazouille, que la colombe roucoule et que le pinson ramage.
Vous savez, bien sûr, que les moineaux piaillent, que le faisan et l'oie criaillent quand le dindon glousse.
Vous savez, mais oui, que la grenouille coasse mais que le corbeau croasse et que la pie jacasse.
Et le chat, comme le tigre, miaule, l'éléphant barrit, l'âne braie (les Ch’tis aussi), mais le cerf rait.
Évidemment, Le mouton bêle et l'abeille bourdonne.
Et la  biche ? Elle brame tandis que le loup hurle.
Mais savez-vous que le canard nasille, alors que les canards nasillardent, que le bouc ou la chèvre chevrote, que le hibou hulule mais que la chouette, elle, chuinte, que le paon braille et que l'aigle trompète ?
Et savez-vous que si la tourterelle roucoule, le ramier caracoule et la bécasse croule, que la perdrix cacabe, que la cigogne craquette et que si le corbeau croasse, la corneille corbine et que le lapin glapit quand le lièvre vagit ?
Vous savez tout cela ? Bien !
Mais savez-vous que l'alouette grisolle et que le pivert picasse ?
Vous ne le saviez peut-être pas. C'est excusable !
N’oublions pas le sanglier qui grommelle, ou le chameau qui blatère… Et que c'est à cause du chameau que l'on déblatère !
Vous ne savez pas non plus, peut-être, que la huppe pupule. C'est joli, la huppe pupule.
Mais encore, savez-vous que la souris, la petite souris grise, chicote ? Oui ! Avouez qu'il serait dommage d'ignorer que la souris chicote et plus dommage encore de ne pas savoir que le geai cajole.
Si vous avez lu ce billet jusqu’au bout (et retenu quelque chose de nouveau ou d’oublié), vous avez participé, d’une certaine manière, au maintien de la richesse de notre langue.
Alors, ne serait-ce que pour ça : merci !


Note : je remercie chaleureusement Jean D. (il se reconnaîtra !) qui m'avait fait parvenir, il y a quelque temps, un texte dont je me suis largement inspiré pour écrire ce billet.